La Norvège interdit les élevages d’animaux à fourrure
Prévue depuis 2019, ça y est, la Norvège interdit les élevages d’animaux pour leur fourrure, une très bonne nouvelle pour toutes les associations de protection des animaux et un exemple à suivre ...
La Norvège a enfin franchi le pas en interdisant les élevages d'animaux pour leur fourrure, une décision attendue depuis 2019. C'est une excellente nouvelle qui réjouit toutes les organisations de défense des animaux et qui pourrait inspirer d'autres pays à emboîter le pas. Cette initiative marque un tournant important dans la lutte pour le bien-être animal et montre que des changements positifs sont possibles à l'échelle mondiale.
Effectivement, une loi qui a été suggérée depuis 2019 est enfin mise en application depuis le 1er Février 2025 , ce qui représente une belle victoire pour de nombreux défenseurs des droits des animaux. En pratique, cela signifie que l'élevage de visons et de renards pour leur fourrure est désormais interdit en Norvège, et ce, dans un contexte où le marché de la fourrure est en déclin à l'échelle européenne.
Cette avancée législative est le fruit d'un long combat mené par des militants passionnés qui souhaitent mettre fin à la souffrance animale. La Norvège, en prenant cette décision, s'inscrit dans une tendance plus large en Europe, où de plus en plus de pays reconsidèrent leur position sur l'élevage d'animaux pour la fourrure, reflétant ainsi une évolution des mentalités et une prise de conscience accrue des enjeux éthiques liés à cette pratique.
Un marché en déclin mais toujours présent
Une étude en 2022 réalisée par l'organisation mondiale de protection des animaux QUATRE PATTES, s'appuyant sur les données du commerce des Nations unies, révèle une nette diminution des importations de vêtements, d'accessoires et d'autres produits en fourrure en France. Entre 2011 et 2021, la valeur des importations a chuté, passant d'environ 110 millions d'euros à environ 61 millions d'euros. Cette tendance est encore plus prononcée au sein de l'Union européenne, où les importations ont dégringolé de près de 318,8 millions d'euros à 107,8 millions d'euros durant la même période. De plus, la production de fourrures dans l'UE a connu une baisse significative : alors qu'elle atteignait environ 38 millions de fourrures en 2018, elle n'était plus que de 11 millions en 2021.
La production de fourrure a d'abord pris son essor dans des pays comme les États-Unis, le Canada et la Russie, où les conditions climatiques froides et les vastes territoires offrent un habitat idéal pour les animaux dont la fourrure est recherchée. Avec le temps, des fermes d'élevage ont vu le jour, ce qui a permis de diminuer la dépendance au piégeage traditionnel. Cela a également ouvert la voie à la production de fourrure dans des régions plus tempérées, rendant l'industrie plus accessible et diversifiée. Par la suite, les pays asiatiques ont commencé à s'imposer sur le marché de la fourrure, devenant des acteurs majeurs grâce à des réglementations souvent moins strictes, notamment en matière de bien-être animal. Cela leur a permis d'atteindre une productivité élevée à des coûts réduits.
En 2014, Hong-Kong s'est affirmé comme le principal exportateur de fourrure, tandis que la Chine produisait environ 35 millions de peaux. En Europe, des pays comme le Danemark et la Finlande ont longtemps été prisés par les marques de luxe pour la qualité de leurs fourrures, et la Pologne s'est également distinguée comme l'un des plus grands producteurs, consolidant ainsi la position du continent européen dans cette industrie.
En France
En 2020, il ne restait plus que quatre élevages de visons en activité en France. Face à cela, plusieurs pétitions ont vu le jour, soutenues par des enquêtes vidéo menées par des associations de protection animale, qui ont exigé la fermeture de ces établissements. En novembre 2021, une loi a été adoptée pour lutter contre la maltraitance animale, entraînant la fermeture du dernier élevage, situé à La Chapelle-d’Andaine dans l’Orne. Ainsi, les fermes à fourrure sont désormais interdites sur le territoire français, une décision qui a également été influencée par la crise sanitaire. Cependant, il est intéressant de noter que, malgré cette interdiction, les importations de fourrures, qu'elles soient européennes ou internationales, restent permises sous certaines conditions.
Quelle avenir pour la fourrure en Europe ?
À l'échelle européenne, plus d'une dizaine de pays ont pris des mesures pour interdire les élevages de fourrures, incluant des nations comme le Royaume-Uni, l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne, la République tchèque, la Croatie, l'Italie et la Norvège. En 2023, le Parlement européen a même examiné une pétition visant à interdire complètement la fourrure. Actuellement, la réglementation de l'Union européenne stipule qu'il est interdit d'importer des fourrures provenant de certaines espèces, surtout celles issues de pays utilisant des pièges à mâchoires ou ne respectant pas les normes internationales en matière de piégeage sans cruauté. Cette législation vise à renforcer la protection des animaux tout en régulant le commerce de la fourrure au sein de l'UE.
Enfin certaines marques, telles que Gérard Darel et American Vintage, qui ont été critiquées par l'association Peta pour leur utilisation de fourrure et d'angora, continuent de les proposer dans leurs collections. En revanche, d'autres grandes marques de luxe ont fait le choix de ne plus utiliser ces matières controversées, comme c'est le cas pour Gucci, Versace, Lacoste ou encore Ba&sh, qui ont décidé de s'engager vers une mode plus éthique et respectueuse des animaux.