L'Europe, refuge des chercheurs face à la répression américaine
Des chercheurs américains, sous le coup de vives critiques, ont trouvé un havre pour continuer leurs travaux.
Les universités européennes se sont engagées à offrir ce qu'on appelle un « asile scientifique » aux académiciens fuyant la répression orchestrée par Donald Trump à l'encontre du milieu universitaire. L'administration de la Maison Blanche a mené une offensive contre le « wokisme », reléguant au second plan des projets de recherche jugés sensibles, notamment ceux portant sur la diversité et la crise climatique. Parallèlement, des coupes budgétaires drastiques ont mis en péril l'emploi de nombreux chercheurs dans des institutions prestigieuses comme la NASA. Ce déclin aux États-Unis pourrait cependant se transformer en opportunité pour l'Europe, qui cherche à attirer ces talents et à leur permettre de poursuivre leurs travaux essentiels.
La Vrije Universiteit Brussel (VUB) en Belgique a ainsi décidé d'ouvrir douze postes postdoctoraux spécifiquement destinés aux chercheurs internationaux, en mettant l'accent sur ceux venant des États-Unis. De son côté, l'Institut Pasteur à Paris est également en quête de nouveaux talents dans le domaine des maladies infectieuses. Ces initiatives témoignent d'une volonté claire de la part des institutions européennes d'accueillir des experts en quête de liberté académique, tout en renforçant leur propre recherche scientifique. En offrant un environnement propice à l'innovation et à la réflexion critique, ces universités espèrent non seulement attirer des cerveaux brillants, mais aussi enrichir le paysage intellectuel européen.
L'Université d'Aix-Marseille en France a lancé un programme ambitieux intitulé « Safe Place for Science », doté d'un budget de 15 millions d'euros, soit environ 12,55 millions de livres sterling. Ce programme a pour objectif de soutenir 15 chercheurs américains spécialisés dans des domaines cruciaux tels que le climat, l'environnement, la santé et les sciences humaines. Dans un élan similaire, les Pays-Bas ont récemment annoncé la création d'un fonds destiné à attirer des scientifiques de renom dans divers secteurs. De plus, l'Université de York au Royaume-Uni continue d'accueillir des chercheurs persécutés du monde entier pour la deuxième année consécutive, grâce à son fonds sanctuaire, offrant ainsi un refuge à ceux qui sont en danger en raison de leur travail.
Yasmine Belkaid, présidente de l’Institut Pasteur, a exprimé son soutien à cette initiative dans une interview avec Positive News, en soulignant l'importance pour les gouvernements de financer des programmes ambitieux visant à attirer et à accueillir des scientifiques, en particulier dans le domaine des sciences de la vie. Elle a insisté sur le fait que ces efforts sont essentiels pour protéger ceux qui, en défendant la science, contribuent à la sécurité de nos sociétés. Dans un contexte mondial troublé, où les valeurs et les idéaux sont souvent remis en question, elle a rappelé la célèbre citation de Louis Pasteur : « la science appartient à l’humanité », soulignant ainsi la nécessité de défendre cette idée plus que jamais.